Michel Therrien et Marc Bergevin travaillent encore ensemble

La chronique hockey de Martin McGuire

Publié le 14 février 2017

Michel Therrien et Marc Bergevin

©THE CANADIAN PRESS/Paul Chiasson

Une nouvelle fois depuis le début de 2017, le Canadien (CH) traverse une crise.

Après avoir mis un terme à une séquence de quatre matchs sans victoire, la plus négative de  la saison, le CH pensait s'en être sorti en battant les Coyotes de l'Arizona, à l'arraché, 5-4 en prolongation. Ce ne fut visiblement pas assez. La semaine du CH s'est terminée à Boston avec un revers frustrant de 4-0. Les Bruins ont complètement renversé le Canadien.

Après une première période décente, le CH de Michel Therrien a trébuché en deuxième. Les signes d'une crise sont là. Encore une fois, dimanche à Boston, le CH est devenu une proie facile après avoir écopé de pénalités regrettables. Les joueurs ne prennent pas de bonnes pénalités et se comportent en équipe indisciplinée. Plusieurs fois, même depuis le retour des réguliers, les unités spéciales ne font pas le travail. Dimanche, le CH a eu la chance d'égaler le pointage avec un long 5 contre 3. Avec deux hommes en plus sur la patinoire, le Canadien n'a même pas inquiété le gardien Tukka Rask.

En revanche, en désavantage numérique, le CH éprouve toutes sortes de problèmes depuis déjà quelques semaines et les adversaires en profitent.

Habituée d'offrir quelques remontées spectaculaires, la troupe de Michel Therrien ne semble pas en mesure de le faire présentement. Après le match, les commentaires de certains leaders furent sans équivoque. Max Pacioretty, qui a pris littéralement l'équipe sur ses épaules, a déclaré que le CH ne génère pas assez d'attaque. Il a la délicatesse de s'inclure dans la phrase, mais en réalité, Paciorettty est le seul vrai contributeur offensif de cette équipe. Radulov et Danault, ses compagnons de trio, ne sont pas en reste. La suite, c'est niet, le néant. Les trois autres trios n'amènent aucun but à des moments où le Canadien en aurait besoin.

Défensivement, ce n'est pas le Pérou non plus. Le retour d'Andrei Markov, après cette longue blessure à l'haine, a tout de même stabilisé le jeu de Jeff Petry. Mais le troisième duo éprouve encore des problèmes. Nathan Beaulieu a la mauvaise habitude d'avoir de bonnes présences, mais quand on lui demande de sauter de nouveau sur la glace, il fait une bourde ou prend une mauvaise pénalité, comme ce fut le cas dimanche à Boston lorsqu'il a inutilement dardé le capitaine Zdeno Chara.

Ses acolytes Nesterov et Pateryn, qui alternent, ne démontrent pas assez de régularité dans leur jeu pour assurer leur place. Le duo Emelin et Weber, très solide pendant l'absence des réguliers, démontre des signes d'essoufflement. C'est clair, ces deux-là peuvent faire la job ensemble, mais ça n'ira pas plus loin.

Les problèmes demeurent entiers chez le Canadien. On n'a toujours pas ce défenseur gaucher naturel capable de patiner aux côtés de Weber, et l'attaquant tant attendu, un ailier gauche (ma préférence personnelle), ne s'est toujours pas pointé.

L'histoire du Canadien, après son périple du temps des Fêtes qui s'est achevé lors des premiers jours de janvier, et ce sans la présence d'au moins cinq réguliers, c'est perd-gagne-perd-gagne. L'Équipe ne colle pas les bons matchs l'un derrière l'autre.

Bergevin consulte les joueurs

Marc Bergevin a tenu un confessionnal dans le lobby de l'hôtel en Arizona pour échanger avec ses leaders. Oui, chers amateurs, les directeurs généraux d'aujourd'hui ont les deux mains dans le bol à salade. L'époque des Serge Savard et Sam Pollock est révolue. Marc Bergevin descend et s'intègre dans la chaîne de montage pour parler à ses hommes.

Il a choisi de discuter avec ses hommes-clés et quelques autres considérés comme des joueurs clés dans le groupe périphérique, dont Andrew Shaw et Jeff Petry, entre autres. Bergevin tente de trouver des solutions, d'énergiser et de responsabiliser ses joueurs face à la situation.

Les joueurs du CH se complaisent, ils sont installés dans leur Lazy-Boy au sommet de la division Atlantique depuis le mois d'octobre. Mais là, attention, ils ont intérêt à abaisser le repose-pied de leur fauteuil ; les Sénateurs s'en viennent, tout comme les Maple Leafs, et dans la lutte aux meilleures équipes repêchées, les Flyers et les Islanders n'abandonnent pas non plus.

S'il n'y a pas de solutions mises en place dès le retour de l'équipe après la pause de cinq jours, samedi prochain, les matchs en main que possèdent les Sens d'Ottawa, les Maple Leafs de Toronto et les Panthers de la Floride, leur permettront de faire fondre l'avance du Canadien.

Pendant que les joueurs du CH se reposent, et croyez-moi ils en ont besoin, leurs rivaux pourraient les reléguer à la course des équipes repêchées.

Carey Price, après la gifle de 4-0 subie à Boston, dont il n'a pas été le responsable même si son jeu souffre d'instabilité, disait que le CH a perdu sa réputation de bonne équipe défensive. Dans les récentes victoires de l'équipe, ils ont dû marquer cinq buts pour pouvoir mettre les deux points dans le sac. Inacceptable, selon Price, qui a besoin d'être mieux protégé. L'équipe doit revenir à son ADN.

Des joueurs mécontents

Il y a du mécontentement. Comme nous disons chez nous, il y a des babounes. Alex Galchenyuk se cherche depuis son retour. Maintenant qu'on a placé Philip Danault au centre des deux meilleurs attaquants du CH, le numéro 27 est malheureux, il a perdu ses repères.

Paul Byron et Arturri Lekhonen sont des travailleurs honnêtes, mais ce n'est pas assez encore. Le retour de Gallagher, souhaitent les entraîneurs, permettra peut-être à Galchenuyk de retrouver son sourire et de mettre plus souvent son nom sur la feuille de pointage. C'est un marqueur de 30 buts qui a souffert d'une trop longue absence à la suite d'une blessure et dont la contribution est essentielle si le CH veut atteindre ses ambitions. Il est là le défi de Marc Bergevin.

À côté de Galchenyuk, on doit trouver un ailier gauche capable de jouer avec Max Pacioretty. Les pourparlers s'intensifiaient d'ailleurs, dimanche, alors que Joe Sakic, a préféré venir voir le CH lui-même, plutôt que d'assister à une autre raclée des siens à Brooklyn.

Revenons au mal qui afflige présentement le Canadien. Le mécontentement s'étend aussi chez quelques joueurs de soutien. Certains ont raison d'ailleurs d'être mécontents, surtout d'eux-mêmes. C'est le cas de Tomas Plekanec, qui semble totalement paralysé lorsqu'il se présente avec la rondelle devant un gardien de but qui n'est pas le sien.

David Desharnais, tassé du plan de Michel Therrien, n'en mène pas large. Un joueur en fin de contrat qui n'a pas l'opportunité de se justifier, pour au moins s'assurer une offre l'an prochain, souffre en silence. Si le CH n'a plus de plan pour lui, il devra faire quelque chose. Lorsqu'une équipe a besoin de toutes ses énergies et de toute sa force de caractère, elle ne peut garder à bord un joueur malheureux.

Malgré un brassage de cartes régulier, ce qui nous inquiète c'est le faible taux de réponse de la part des joueurs. Ça aussi, Marc Bergevin devra continuer d'y voir.

Therrien toujours bien en selle

Le confessionnal improvisé à l'Hôtel Renaissance de Glendale était une démarche visant à soutenir l'entraîneur Therrien.

Pour ceux qui souhaitent son départ, ne vous en déplaise, Therrien et Bergevin travaillent encore ensemble. Même si le taux d'insatisfaction des partisans est élevé par les temps qui courent, ils sont encore à la recherche de solutions et marchent encore côte à côte.

Les situations qui tournent en congédiement envoient des signaux évidents qui ne sont aucunement visibles actuellement dans l'entourage de l'équipe. C'est lorsque le DG s'enferme dans son bureau et cesse de prendre son café du matin avec son coach que le trouble commence.

Jusqu'à maintenant, Therrien est bien en selle. Aux joueurs de répondre…

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