Hockey de la LNH: macédoine hivernale de sujets

La chronique hockey de Martin McGuire

Publié le 13 décembre 2016

Au lendemain de son match contre le Canadien de Montréal, l'Avalanche du Colorado a affronté les Maple Leafs de Toronto.

©THE CANADIAN PRESS/Chris Young

Je vous propose cette semaine une macédoine de sujets touchant la Ligue nationale de hockey (LNH), car vous le savez comme moi, il s’en passe des affaires!

Le capitaine Gabriel Landeskog est aussi un joueur que certains directeurs généraux auront à l’œil. Si Joe Sakic a une faiblesse et qu’on le force à libérer des joueurs vedettes comme Matt Duchene et Gabriel Landeskog, les requins seront au rendez-vous et Marc Bergevin tournera aussi autour, cherchant à saisir une opportunité qui lui a permis d’acquérir Shea Weber et Radulov. Martin McGuire

Rien ne va plus avec l’Avalanche

Il était presque incontournable de revenir sur la dégelée de 10-1 que le CH a fait subir à l’Avalanche, samedi soir au Centre Bell. Une humiliation que le Canadien a subie en novembre à Columbus, en perdant 10-0.

Ce qui est arrivé à l’Avalanche sera plus dommageable que ce qui est arrivé au Canadien contre les Blue Jackets. Celui qui souffre encore est le gardien auxiliaire Al Montoya, mais pour les autres joueurs, les dommages sont mineurs. Quoique Montoya a gagné un seul match depuis qu’il a été dans l’œil de la tempête. Pour l’Avalanche, c’est un peu plus grave, car cela témoigne que l’organisation ne va nulle part. Ce n’est pas un club moyen ou un bon club qui a eu une soirée difficile, c’est une mauvaise équipe qui a un mauvais début de saison, qui s’est fait envoyer au tapis.

La glorieuse époque de l’Avalanche du début des années 2000 est loin derrière. Le club du Colorado n’a plus le lustre qu’il avait avant. Du bout des lèvres lors de leur passage à Montréal en fin de semaine, on témoignait de l’immense commotion du départ de Patrick Roy. L’Avalanche comptait sur Joe Sakic et Patrick Roy pour redevenir un club respectable. Sakic est toujours le patron à bord, mais le gouvernail est déficient.

L’incapacité des deux hommes de s’entendre sur l’évaluation de quelques joueurs-clés de l’équipe et de se servir du lien privilégié entre Patrick Roy et Alexander Radulov pour le convaincre de signer au Colorado plutôt qu’à Montréal, ont mené au départ de Roy. Ce ne sera pas sans dommage pour Roy lui-même.

Dans les milieux bien informés, on dit qu’un entraîneur qui abandonne le bateau sans s’être battu pour ramener une équipe sur les rails n’est peut-être pas le candidat idéal. Le départ de Patrick Roy accentue davantage la réputation qu’il a de ne pas pouvoir travailler adéquatement en collégialité et avec un patron. Patrick était le boss au Colorado et dans la LNH, le boss  ce n'est pas le coach!

Regardons un peu dans la boule de cristal : pour l’Avalanche, déjà au fond du classement de la LNH avec des problèmes d’opération avec une équipe qui accumule les défaites dans un marché qui encourage presque exclusivement les équipes gagnantes, la vente de feu est inévitable.

Le statut de Matt Duchene est précaire au Colorado. Un informateur digne de foi m’indiquait ce week-end que Duchene aurait une valeur importante, surtout pour quelques équipes canadiennes. Duchene n’a jamais rien gagné d’important avec l’Avalanche, mais il a remporté une Coupe du monde avec le Canada et une médaille d’or à Sotchi. Quelques organisations l’ont bien en vue. Est-ce que le Canadien est de celles-là? La question est intéressante à soulever, mais Marc Bergevin n’y répondra pas publiquement. Il reste qu’un ailier qui joue au centre, ou un centre qui joue à l’aile est une denrée rare dans la LNH.

Le capitaine Gabriel Landeskog est aussi un joueur que certains directeurs généraux auront à l’œil. Si Joe Sakic a une faiblesse et qu’on le force à libérer des joueurs vedettes comme Duchene et Landeskog, les  requins seront au rendez-vous et Marc Bergevin tournera aussi autour, cherchant à saisir une opportunité qui lui a permis d’acquérir Shea Weber et Radulov.

Chez le Canadien…

Les blessures d’Alex Galchenyuk et de David Desharnais causeront une brèche dans la ligne de centre du Canadien. Par contre, les premiers matchs sans les services du duo, surtout de l’as attaquant Galchenyuk, nous ont montré que jumeler Max Pacioretty et Radulov est jusqu’à maintenant la meilleure option qu’a Michel Therrien sous la main.

La présence du vétéran Tomas Plekanec au milieu des deux meilleurs ailiers du Canadien est loin d’être négligeable. Plekanec est un joueur solide, même s’il connaît un début de saison moyen et est peu productif au chapitre des buts. C’est un joueur intelligent qui a du métier. Il ne remplacera pas Galchenyuk pour une demi-saison, mais pourrait peut-être le faire jusqu’au dernier jour de janvier.

L’arrivée de Michael McCarron, anticipée d’ailleurs dans notre chronique de la semaine dernière, permettra de mettre à l’essai un joueur au gabarit imposant, dont la cote est relativement élevée chez les évaluateurs de talent des autres équipes de la LNH. Si le Canadien peut compter sur lui soir après soir, lorsque Galchenyuk sera de retour, attention, l’équipe pourrait être à surveiller. En démontrant qu’il peut joueur dès cette année, McCarron pourrait devenir un joueur attrayant pour une organisation comme le Colorado, les Islanders, ou toute autre équipe de bas de classement qui a entre les mains la pièce manquante qui permettrait au Canadien de devenir un sérieux prétendant à un championnat. À suivre…

Suggestion pour la war room

Lors d’une rencontre impromptue dans les corridors du Centre Bell avec l’ancien arbitre et maintenant chroniqueur à TVA Sports, Stéphane Auger, j’ai appris que la LNH n’a pas jugé bon d’embaucher d’anciens officiels pour observer les séquences dans la fameuse war room.

Pour nos lecteurs peu familiers, c’est ce qu’on appelle lors des matchs de hockey à la radio, le centre de surveillance. C’est l’endroit où des employés de la LNH, qui ont une certaine connaissance en hockey, mais surtout en technologie, révisent les séquences de jeu problématiques ou ambivalentes.

Jusqu’à maintenant, il n’y a pas eu d’erreur majeure, quoique certains soirs, on se demande comment les gens du centre de surveillance ont pu interpréter les séquences devant eux. La structure est lourde.

Les employés communiquent avec les arbitres sur la glace lorsque vient le temps de réviser, mais vu que leurs connaissances sont limitées, ça discute un peu trop longtemps avant de prendre les décisions.

La LNH aurait drôlement avantage à embaucher d’anciens officiels qui ne demanderaient pas mieux que de se relayer dans la war room pour amener leur expérience et leur expertise pour trancher des situations ambigües. La LNH s’est tournée vers des gens qui ont des connaissances en médecine sportive dans ce même centre de surveillance, pour remplacer les surveillants qui étaient dans les arénas en ce qui à trait aux coups à la tête.

Quand Dany Dubé et moi avions bien humblement suggéré d’embaucher des gens qui ont des connaissances en médecine sportive pour officier comme surveillant et interpréter les images des coups à la tête et les lire rapidement, la LNH a procédé à des embauches. Pour faire ce travail, ça prend du vécu, de l’expérience de terrain. À quand la présence d’anciens arbitres dans la war room?

Geoff Molson dans le  cercle des six 

Le Canadien a eu une excellente nouvelle la semaine dernière : son propriétaire Geoff Molson vient d’accéder au cercle restreint des six. C’est le comité exécutif des gouverneurs de la LNH, six propriétaires d’équipe qui font partie de la garde rapprochée de Bill Daly et Gary Bettman.

Dorénavant, le proprio et président du Canadien sera au centre des grandes décisions que prendra la LNH. À 46 ans, Geoff Molson sera le plus jeune du groupe. C’est un atout important.

M. Molson connaît bien les médias sociaux et son passage à la tête de la division marketing de la puissante brasserie Molson ainsi que ses liens étroits avec l’influente famille Coors, serviront grandement la LNH. Près d’eux maintenant, les Jeremy Jacobs (proprio des Bruins) Ted Leonsis (proprio des Capitals), auront un homme sensible aux amateurs de hockey et aux clients, vous, les amateurs qui achetez des billets, des chandails et des casquettes et qui vous abonnez au câble pour suivre les activités de la LNH.

M. Molson a gagné la confiance d’un groupe restreint et très influent qui orientera la stratégie de la Ligue. Que ce soit pour l’expansion, le dossier épineux des Olympiques ou la prochaine négociation de la convention collective.

Un autre, qui à l’instar de Molson est reconnu comme un homme de consensus et d’ouverture, c’est Mark Chipman, le président des Jets de Winnipeg. M. Chipman, qui avait sauté dans la dernière ronde de négociations avec l’Association des joueurs, lors du règlement du conflit de travail, avait gagné le respect de Donald Fehr et des joueurs présents à la table. M. Chipman est un leader imaginatif, dynamique, qui aidera la LNH à se repositionner par rapport au clan des joueurs.

La ponction salariale prise sur le chèque des joueurs sera un enjeu majeur lors de la prochaine négociation. Gary Bettman aura besoin de personnes comme MM. Molson et Chipman quand viendra la partie de bras de fer avec les joueurs.

Des hommes de qualité au courant des enjeux de demain dans le monde des affaires et des gens de valeur en qui les joueurs auront confiance. Un contexte qui évite les conflits, ou si vous préférez, les lock-out.

On en a eu déjà assez!