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Quelle finale!

Une chronique de Martin McGuire

Publié le 30 mai 2017

©The Associated Press

HOCKEY. La présence des Prédateurs et des Penguins en finale de la Coupe Stanley offre à la LNH une excellente finale, une bonne carte de marketing. Nashville et Pittsburgh ne représentent pas les meilleurs marchés économiques et télévisuels, mais elles étaient les deux équipes pouvant offrir le meilleur spectacle et gagner par le fait même le cœur des amateurs de hockey.

Il aurait été intéressant que nos cousins de l'Ontario accèdent à la finale pour nourrir notre fibre canadienne, mais quand on parle de la bande à Crosby, les frontières tombent, car Sid est un gars de chez nous.

Les Preds représentent, un peu comme les Penguins d'ailleurs, une franchise installée dans un marché non traditionnel. Ce n'était pas naturel d'établir une équipe au Tennessee. Pour donner un peu raison au commissaire Gary Bettman, les Preds ont survécu presque envers et contre tous. Les premiers proprios, essoufflés quelque peu, ont passé le relais à d'autres qui ont ensuite assuré la pérennité de la franchise.

Le résultat est intéressant, parce qu'en contrôlant son budget, le directeur général David Poile a su donner à cette équipe un souffle intéressant qui les amène à présenter du hockey de qualité, à soulever les passions dans un marché traditionnellement vendu au football.

La ville de Nashville vibre pour ses Prédateurs. La présence de P.K. Subban n'est certes pas un élément à dédaigner. On le connaît, c'est un joueur spectaculaire, un outil de promotion pour la LNH. Efficaces, mais plus rangés, ses coéquipiers Rinne, Ellis, Josi et Fisher se concentrent davantage sur ce qui se passe sur la glace.

Sans rien enlever au travail de P.K. durant le jeu, assez important disons-le, il remplit une tâche importante pour son organisation, mais aussi pour la LNH. C'est un personnage charismatique qui va même au-devant des micros et des caméras. Il fallait voir P.K., lors de la journée des médias précédant le match numéro un, déambuler dans l'aréna des Penguins avec un micro aux couleurs de la LNH, accompagné d'un caméraman, posant des questions à ses coéquipiers et divertissant les médias. Il a aussi diverti le public. P.K. adore ce genre d'attention.

De l'autre côté, chez le monstre à deux têtes, les Penguins, leur participation à cette finale est une sixième visite à la grande danse. Les Penguins sont aussi une franchise sauvée in extremis de la faillite et du déménagement.

Il y a quelques semaines, nous faisions l'analyse des choix au repêchage du CH par rapport à ses adversaires. Rappelons que c'est la loterie Crosby qui a sauvé les Penguins du marasme. Par la suite, la venue des Fleury, Malkin, Letang et autres est venue solidifier un noyau très talentueux autour du numéro 87.

La présence du meilleur joueur de hockey au monde au cœur de cette finale est une bonne chose pour la LNH et pour le hockey.

Tant que le talent amènera jusqu'au bout, le sport sera en santé. À ce chapitre, les Prédateurs et les Penguins sont assurément un «match up» gagnant pour la Ligue.

Adresse à la nation

Comme c'est le cas avant chaque début de finale, Gary Bettman et son éternel acolyte Bill Daly, ont pris le micro avant le début des hostilités à Pittsburgh.

Il y avait encore quelques collègues québécois qui désiraient connaître l'avenir de Québec dans la LNH. Poliment, mais sans plus de détails, Bettman et Daly ont dit que ce n'était pas pour tout de suite.

Le déséquilibre entre le nombre d'équipes entre l'Est et l'Ouest défavorise Québec. Mais il y a encore quelques canards boiteux; je me répète, mais je vous rappelle que Winnipeg est retourné dans la LNH envers et contre tous, comme solution de remplacement. J'ai encore la conviction aujourd'hui que ce sera la même chose pour Québec.

Même si Bettman reste confiant, il y a encore des canards boiteux comme les Coyotes, les Hurricanes et même les Islanders, pour qui des solutions existent, mais qui ne pointent pas encore à l'horizon.

Les Olympiques

Lors de cet échange avec la presse, Bettman a répondu sèchement à la possibilité d'un retournement de situation concernant la présence des joueurs en Corée l'an prochain. «Nous avons réglé la situation en mars dernier. Ais-je été assez clair?» La réponse résonne encore.

La LNH publiera son calendrier régulier pour la saison 2017-18 d'ici quelques semaines à peine et il n'y a pas de pause olympique prévue. Vous me direz qu'il y a peut-être quelqu'un qui a un plan B caché dans un tiroir à New York? Peut-être. Mais à l'instar d'un retour des Nordiques à Québec, la flamme olympique ne semble pas brûler très fort chez les proprios de la LNH.