Trop de pression sur les jeunes?

Rosemarie Guénette de l'École Sacré-Cœur de Gracefield

Publié le 14 janvier 2017

Salle de classe

J’ai toujours peur de décevoir mes parents. J’ai des moyennes de plus de 90% dans toutes les matières, je travaille tous les soirs après l’école dans une pharmacie, je remets toujours mes devoirs à temps, je ne prends pas de drogue, mais je me dis très souvent que je peux faire mieux pour montrer à mes parents que je suis la meilleure et que je peux performer.

Performer, un mot très important pour moi et la majorité des jeunes de mon âge. Mais peut-être que les jeunes subissent trop de pression de leur entourage.

Depuis plusieurs générations dans ma famille, les jeunes sont poussés à faire leur maximum en tout temps. Mes grands-parents paternels étaient tous les deux premiers de classe. Mon grand-père a fait un baccalauréat en chimie. Mon père a manqué le dernier spectacle de Pink Floyd au Canada pour lequel il avait des billets, car il a préféré étudier pour un examen de physique au cégep. Ma mère jouait à Génies en herbe et ses parents étaient déçus quand elle obtenait moins de 90%. Ma grande sœur se situait, l’an dernier, au 99e per centile en français. Ma vie est donc vite devenue une sorte de compétition avec les membres de ma famille… et tous les autres.

Plusieurs adolescents, surtout les filles, sont incapables de supporter cette pression de devoir performer à tout prix, et tout ce stress a des effets négatifs sur eux. Comme par exemple, tout ce stress peut apporter des problèmes d’anxiété. Par la suite, ces jeunes doivent prendre des antidépresseurs et des anxiolytiques et d’après moi, il n’est pas naturel de prendre ce genre de médicament à un si jeune âge. Aussi, lors des sessions d’examens, il n’est pas rare de voir des gens vomir, tout cela causé par la pression exercée par les professeurs, les parents et parfois par eux-mêmes. Si c’est comme ça au secondaire, quand sera-t-il au cégep ou à l’université? Au cours des 10 dernières années, il y a eu une hausse de 65% du nombre de jeunes de moins de 18 ans qui consomment des antidépresseurs. Peut-être que dans 10 ans, 100% des jeunes en consommeront?

En conclusion, cette pression exercée sur les jeunes pour qu’ils réussissent a des effets négatifs. Les adultes, ainsi que les jeunes– il en va de leur bien-être – devront apprendre à ne pas dépasser leur capacité à gérer leur stress lié à la performance et apprendre où et quand il faut pousser au maximum.