Le cégep, superflu?

Chloé Monin et Arnaud Lavallée du Collège Saint-Alexandre

Publié le 16 mars 2016
Étudiant Outaouais

Dans la société québécoise, le système d’éducation comporte des composantes bien différentes de celles qu’on retrouve ailleurs. Entre autres, le cégep, cette étape de deux ans séparant le secondaire et l’université, subit les opinions partagées de plusieurs quant à son utilité. Cela nous amène à une possibilité qui s’offre aux étudiants de certaines écoles secondaires privées : celle de sauter le cégep pour aller directement à l’université. Plusieurs arguments remettent en question la validité et l’utilité de ce procédé, dont la maturité des candidats potentiels, les coûts d’une session universitaire, le programme d’étude visé par l’étudiant et l’environnement social différent auquel les étudiants seront confrontés.

Tout d’abord, la maturité est un argument fréquemment employé par les individus s’opposant au passage du secondaire à l’université directement. Néanmoins, cet argument ne serait valable que si l’âge auquel les étudiants entraient normalement à l’université était 25 ans, soit l’âge où le processus de connexion neuronal est terminé et où le cerveau atteint sa pleine performance. À ce moment-là, un écart se creuserait entre les étudiants de 17 ans fraîchement sorti du secondaire et ceux de 25 ans ayant bénéficié d’une formation collégiale et dont le cerveau est significativement plus mature. Or, les étudiants sortant du cégep ont entre 19 et 20 ans. L’écart entre eux et ceux qui sortent du secondaire sur le plan de la maturité neuronale n’est donc pas à prendre en compte, car il est insuffisant.

D’un autre côté, il faut considérer le fait que les coûts d’une session universitaire dans les universités hors-Québec qui offrent l’option de sauter le cégep sont bien plus élevés que dans une université se situant au Québec, car, lorsqu’on étudie dans une autre province, on n’est plus en mesure de bénéficier de l’aide financière qui s’offre aux résidents du Québec. Par chance, l’option d’obtenir une bourse d’études s’offre toujours à ceux dont les notes sont suffisantes. Par exemple, l’université d’Ottawa offre diverses bourses. Ainsi, du point des bourses d’admission automatiques qui permettent d’alléger les coûts des études de plusieurs vue financier, sauter le cégep reste une option envisageable. Ou du moins, ça l’est pour tous ceux qui ont une moyenne de plus de 85% pour leurs cinq matières les plus fortes, car c’est le critère minimal pour intégrer la plupart des programmes d’études offerts en sautant le cégep.

D’autre part, selon le programme d’études visé par l’étudiant qui souhaite sauter le cégep, il peut être possible ou non de l’intégrer dès la première année. Ainsi, dès la première année d’université de celui ou celle qui saute le cégep, il ou elle ne pourra pas intégrer le programme de droit, d’enseignement ou de médecine… En effet, ces programmes seront uniquement offerts dès la deuxième année d’université dans le cas de l’université d’Ottawa.

L'une des raisons qui poussent certains étudiants pour qui le cégep est facultatif à y aller quand même est la peur de se retrouver seul, sans ses amis, à l’université avec des étudiants plus âgés. Or, la différence d’âge n’est que de deux ans et considérant les avantages à aller à l’université tout de suite après le cégep, ce serait à notre avis dommage de s’en priver pour ménager des amitiés qui, de toute façon, finissent souvent peu de temps après la fin du secondaire.

Nous trouvons que le fait de sauter le cégep est une bonne alternative qui s’offre à quiconque aurait les notes suffisantes pour le faire, fréquenterait une école qui offre cette option et qui se serait décidé sur une carrière, ou du moins un programme. Par contre, le cégep n’est pas une option superflue pour tous ceux qui visent un  métier nécessitant une technique. Il ne faut pas oublier que la formation pour de nombreux très bons emplois se fait au cégep seulement. Dans ce cas-ci, la question serait alors : l’université, superflue?