Hitler + 2016 = Trump ?

Tagaty Badio de l'École secondaire de l’Île

Publié le 15 mars 2016
Étudiant Outaouais

L’autre jour, dans le cadre de mon cours d’Histoire du 20e siècle, mon professeur a demandé aux élèves : croyez-vous  qu’une personne comme Hitler peut gouverner de nos jours ? Alors que des « Ben non, on est en 2016 » fusent dans la classe, mon cerveau émet une alarme. Donald Trump, ce républicain de 69 ans qui envisage de gagner les prochaines élections américaines, n’a-t-il pas l’intention d’éradiquer la population musulmane des États-Unis ? Cet opportuniste profite de la terreur du terrorisme pour blâmer tous les musulmans de son pays. D’après lui, cette population hait les Américains (il ne sait pas pourquoi mais il le découvrira un jour) et vaut mieux les chasser pour préserver la paix et réduire les attentats aux États-Unis. Or, selon The New York Times, depuis l’attentat islamique de 2001, deux fois plus de personnes ont été tuées par des suprématistes et fanatiques anti-gouvernementaux blancs que par des radicaux se disant musulmans. D’autant plus que, bizarrement, il traite des affaires avec de nombreux pays musulmans comme les Émirats arabes unis et le Qatar.

Par ailleurs, Donald Trump spécule que les Hispanophones sont des porteurs de crimes et de drogues, ainsi que des voleurs d’emplois. Apparemment, c’est à cause d'eux si des milliers d’Américains sont sans emploi et il a l’intention d’en renvoyer des millions dans leur pays. Pourtant, l’économie américaine s’écroulerait sans ces immigrants qui comblent les postes. En parallèle, Hitler a écrit dans sa bibliographie (Mein Kampf, 1925) que « Les juifs exploitent économiquement le peuple allemand à leur seul profit et coulent cette activité en tentant de susciter la discorde ». Pas étonnant que le site d’Immigration Canada a été surchargé à la suite du super mardi.

Tout comme Hitler et les dirigeants autocrates de l’Histoire, Trump menace de s’en prendre à ses opposants qui substitueraient une menace pour sa personne. Il encourage ses militants à s’attaquer aux « Anti-Trump », soulignant qu’il était prêt à payer les frais de justice de ses alliés. Lors de ses discours, il n’hésite pas à virer les personnes qui « perturbent l’ordre public » ainsi qu’à les humilier. Cet hurluberlu qui dit prôner la liberté d’expression ne respecte même pas celle des autres et se contente de semer la zizanie au sein du peuple.

Bref, on a beau se moquer de Donald Trump, on ne peut le comparer de pied en cap au personnage d'Hitler. En effet, car même si ces deux mégalomanes partagent certains intérêts, il y a des différences marquantes entre l’autocratie et la république au niveau politique. La plupart des gens considèrent le candidat aux élections américaines comme étant un spectacle marrant plutôt qu’un réel président en devenir.