L’homme insatisfait, une bonne ou une mauvaise chose?

Chloé Monin du Collège Saint-Alexandre

Publié le 2 février 2016
Étudiant Outaouais

Je serais tellement plus heureux si j’avais/étais...

Ce genre de réflexion n’est malheureusement pas étranger à la plupart d’entre nous. J’ai remarqué que peu importe notre situation, peu nombreuses sont les chances que l’on s’estime véritablement heureux. En effet, dès que nous avons ce que nous désirons, plutôt que de s’en satisfaire, l’on dirige toute notre attention vers l’obtention d’un autre objet ou l’atteinte d’un nouvel objectif.

Comme il est un peu honteux d’avouer que nous sommes des êtres insatisfaits qui visent rien de moins que la gloire, la richesse et le pouvoir, il est devenu fréquent de s’excuser de ce sentiment en rejetant la faute sur notre société de surconsommation et nos milieux de travail et/ou d’apprentissage très compétitifs. Cependant, notre société est basée sur une doctrine économique relativement récente contrairement à notre tendance à l’insatisfaction. Il me semble que l’homme a toujours été ainsi.

Une question se pose alors, est-ce véritablement mauvais de vouloir toujours plus? Il est clair que cela amène du malheur dans nos vies. En effet, nous sommes, pour la plupart d’entre nous, peu aptes à apprécier ce que nous avons jusqu’au moment où cela nous est enlevé. Notre quête perpétuelle de dépassement de l’autre est sans fin, car il y aura toujours quelqu’un qui nous dépassera sur le plan intellectuel, sportif, matériel ou sentimental.

Toutefois, l’insatisfaction n’est pas totalement néfaste pour l’homme. Avec elle vient l’ambition. Si celle-ci pousse parfois l’homme à commettre des actes répréhensibles afin d’avoir plus de pouvoir, elle le pousse aussi à se dépasser et à faire quelque chose de sa vie. Avec l’insatisfaction vient aussi l’avidité, ce vilain défaut qui nous fait convoité ce que les publicitaires veulent à tout prix nous vendre. Néanmoins, sans un minimum de désir de posséder des objets, même inutiles, notre pays ferait faillite, car les entreprises ne vendraient plus assez. Si les entreprises ne vendent plus, elles couperont dans les salaires, puis dans les effectifs. Le taux de chômage montera drastiquement et il y aura encore moins de consommateurs. Les entreprises feront faillite ainsi que les banques, qui ne verront jamais la couleur de l’argent qu’elles ont prêté aux entreprises comme aux particuliers, car ceux-ci ne réussiront plus à payer leur hypothèque. Par contre, si tout le monde est plus satisfait et consomme par conséquent beaucoup moins, alors nos problèmes écologiques seraient en grande partie résolus. Nous sauverons des ressources pour les générations futures et nous pourrons aider plus efficacement les pays moins développés que nous.

Alors l’insatisfaction était-elle une bonne ou une mauvaise chose? Qu’en pensez-vous?