La planète dans notre assiette

Éloi Halloran de la Polyvalente Le Carrefour

Publié le 31 janvier 2016
Étudiant Outaouais

Dans un monde où la grande majorité des régimes alimentaires sont basés sur la consommation quotidienne de viande, l’idée d’adopter un régime alimentaire sans viande peut paraitre insensée pour plusieurs. Pourtant, le végétarisme et le véganisme sont probablement les solutions les plus importantes et les plus concrètes au plus grand problème du  XXIe siècle : la destruction de plus en plus rapide de la Terre par l’être humain.

C’est un constat douloureux, mais réel : la planète se meurt. Que ce soit par le réchauffement climatique, la déforestation, la surexploitation des eaux ou encore la réduction de la biodiversité, l’être humain détruit de manière brutale son environnement. Si l’on cite souvent les transports et les industries comme principales causes de cette catastrophe, on oublie une cause de taille : l’élevage. En effet, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’élevage produit environ 18% des émissions de gaz à effets de serre d’origine humaine ce qui fait de l’industrie de la viande une des plus grandes causes du réchauffement climatique global. De plus, Greenpeace a publié en 2009 une enquête échelonnée sur 3 ans qui affirmait que l’élevage bovin était responsable à 80% de la déforestation de la forêt amazonienne, les « poumons de la Terre ». Il faut aussi prendre en compte que la déforestation de l’Amazonie a été la plus élevée au monde de 2000 à 2005 et que, durant cette même période, la déforestation a été, à elle seule, responsable d’environ 12% des émissions mondiales de gaz à effets de serre selon le Budget du Congrès américain et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ce qui rajoute au bilan total des émissions liées à l’élevage. En plus d’occuper 26% de la surface émergée de la Terre, le secteur de l’élevage représente 8% de la consommation mondiale d’eau tout en étant la première source de polluants d’eau comme les déchets animaux, les antibiotiques, les hormones et les engrais (Livestock’s long shadow, FAO, 2006.). Si la destruction des habitats par la déforestation et les changements climatiques sont liés à la perte de biodiversité, il ne faut pas oublier que, sur les 825 écorégions terrestres identifiées par le Fonds mondial pour la nature, 306 ont identifié les animaux de ferme comme une menace. La Conservation International note aussi que, sur 35 des lieux les plus touchés par de graves niveaux de perte d'habitats et de biodiversité, 23 ressentent de la pression liée à l’élevage. Ces faits ne sont que des exemples de l’importance de l’élevage dans les problèmes environnementaux auxquels nous faisons face. C’est sans noter la cruauté, l’exploitation et la maltraitance animale qui accompagnent très souvent l’ensemble des pratiques liées à l’élevage. Si la condition actuelle de la Terre est un problème, elle représente aussi la plus grande opportunité de progrès vers un monde vert. À nous de voir ce que nous en ferons.

S’il est vrai que « nous devons être le changement que nous voulons voir dans le monde », il ne faudrait pas oublier que « nous sommes ce que nous mangeons »…