Être Charlie, à temps partiel

Nour Imen Seulami de l'École secondaire De l'île

Publié le 27 février 2015
Étudiant Outaouais

Un terrible incident s’est produit le 7 janvier 2015 à Paris : douze personnes, dont huit journalistes et deux policiers, ont été tuées par balle lors d’une attaque visant la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Cet acte de terreur, commis par des extrémistes, pourrait être considéré comme une attaque à la liberté d’expression, à la liberté de presse, à la démocratie. Méprisant tout à fait cet acte, je ne peux toutefois pas donner mon accord aux messages antérieurement publiés dans ce studio de rédaction.

Plusieurs ont déjà fait le lien : des extrémistes radicaux musulmans auraient ouvert leurs armes automatiques et leurs lance-roquettes contre l’équipe qui avait émis des caricatures à l’endroit du prophète Mahomet pour, soi-disant, le venger. Ainsi, comment devrait-on réagir quant à l’acte de ces hommes qui ont tenté d’empêcher d’autres personnes de s’exprimer? Est-ce l’humour de cette équipe de rédaction, qui avait pour but de susciter des réactions, qui est allé trop loin? Voilà des questions qui suscitent une réflexion.

Tout d’abord, bien que les dessinateurs et caricaturistes de l’équipe de rédaction satirique Charlie Hebdo aient eu le droit de publier leurs caricatures sur un personnage très important aux yeux de l’Islam, je crois que la blague est peut-être allée un peu trop loin. Même si s’exprimer est fondamental dans notre société et que nous nous devons de le faire, je suis d’avis que peu importe notre opinion sur quelconque sujet (qu’il s’agisse de la religion, de la sexualité ou autre), il faudrait que le but ne soit pas de stigmatiser un groupe de personnes. Ce que nous voulons partager avec les autres ne devrait pas attaquer un ou plusieurs individus, puisque « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ».

De plus, je ne suis pas en accord avec la publication de certaines caricatures de Charlie Hebdo parce que je m’oppose à tout ce qui pourrait blesser qui que ce soit. Ainsi, je n’appuie pas plus les personnes qui ont utilisé leur humour de la même façon, comme Dieudonné, cet humoriste français qui s’est moqué des juifs à quelques reprises. Pourtant, les Français avaient fortement condamné l’humoriste. Qu’est-ce qui le différencie des caricaturistes? Pas grand-chose, sauf sa manière de s’exprimer. Voilà donc une situation où nous avons un poids pour deux mesures.

Bref, personne ne devrait craindre de partager son opinion avec tous, puisque les lois nous donnent le droit de nous exprimer librement, quand nous le voulons et il n’y a rien que quiconque puisse faire pour nous en empêcher. Je crois néanmoins qu’il est nécessaire de penser à l’impact que notre publication pourrait avoir sur ceux concernés. Cependant, la décision sans appel revient à celui qui le publie.