Rester fort

Shanny-Claude Denis et Danielle Richard de l'École secondaire Sieur-de-Coulonge

Publié le 26 décembre 2015
Étudiant Outaouais

Plusieurs filles et garçons dépendent de l’automutilation. Ça peut commencer par une chute de colère, de tristesse. L'automutilation inclut différents troubles tels que l'anxiété, la dépression, le stress intense, le manque affectif et une grande remise en question de soi. L'automutilation est souvent associée à des traumatismes et abus, soit : violence psychologique, agression sexuelle, toxicomanie, trouble des conduites alimentaires ou autres traits mentaux tels que l'estime de soi ou le perfectionnisme. L’automutilation, c’est en gros une forme de douleur physique qu’une personne se fait pour régler une douleur intérieure.

Les jeunes se mutilent pour se procurer un bien être, ils se coupent pour exprimer une grande douleur. Les jeunes qui se mutilent veulent essayer de gérer  des émotions difficiles. La forme la plus répandue d'automutilation est la dégradation cutanée, mais l'automutilation couvre d’autres formes de mutilation qui incluent brûlures, abrasions, griffures, cognement de certaines parties du corps, réouverture d'anciennes plaies cutanées, arrachage de cheveux et ingestion de substances ou d’objets toxiques.  Bien que le suicide ne soit pas directement lié à l'automutilation, la relation entre automutilation et suicide est complexe car les blessures intentionnelles peuvent constituer une menace pour l'individu.

 Il existe également un risque élevé de suicide chez les individus qui se mutilent, environ 40 à 60 % d'entre eux meurent. Cependant, les individus qui s'automutilent sont perçus comme étant suicidaires, ce qui est, pour la majeure partie des cas, inexact. Il existe différentes méthodes utilisées pour traiter l'automutilation et qui se concentrent principalement sur les causes plutôt que sur le comportement en lui-même. D'autres approches consistent à occuper le patient grâce à d'autres activités, ou de remplacer l'automutilation par des méthodes plus sécurisées qui ne conduisent pas à des blessures permanentes. Dans 80 % des cas d'automutilation, des objets coupants sont impliqués pour couper ou arracher la peau.

Voici le témoignage de Danielle Richard: j’ai 15 ans, je suis en secondaire 4 à l’école secondaire Sieur-de-Coulonge. Je vais vous parler de mon histoire puisque c’est un article sur l’automutilation. Depuis mon plus jeune âge, je faisais de l’anxiété. Je ne pouvais pas regarder quelqu’un en public. Après des années cela m’a beaucoup affecté. Quand j’ai commencé l’école, j’avais peur que le monde me juge. Je ne voulais pas qu’ils pensent que je ne serais pas une bonne amie pour eux. Avec tout ce que je pensais, je n’étais pas parfaite pour certains, alors j’ai commencé à me faire intimider. Tout ce que je voulais c’était être comme les autres. Parfaite. Je me suis faite intimidée pendant 10 ans de temps. Depuis la maternelle jusqu’en secondaire 3. Je me faisais appeler par de mauvais noms, par exemple : grosse, laide, pas bonne, etc… Je me suis fait cracher dans le visage, pousser dans les casiers, sur les murs, par terre,  les gens riaient souvent de mes cheveux parce que je les attache différemment des autres. Tout cela m’a rendu dépressive. J’ai commencé à me couper sur les poignets à l’âge de 11 ans, pendant l’été 2011. J’étais fatiguée d’être toujours seule et tannée de mes problèmes familiaux. Puis, les choses ont empiré. Les troubles familiaux, le stress, l’école, l’intimidation, l’anxiété, etc. L’automutilation était devenue mon addiction. Pendant deux années de secondaire, je ne mangeais presque plus. Pendant 5 ans, j’ai pleuré tous les soirs, mes émotions étaient partout. Quand je ne trouvais pas de rasoirs ou de ciseaux, je creusais mes ongles dans ma peau, je me frappais pour me faire mal, je tirais mes cheveux de ma tête. Un été, j’ai essayé de me suicider, je n’en pouvais plus. J’étais tannée de vivre. Quelqu’un m’a arrêté. Mes parents ne savaient rien de ce qui se passait. Je cachais tout à mes parents.

Un jour, ils ont vu mes coupures. Je me coupais sur les bras, les jambes, les pieds, les mains, les épaules, le ventre, etc... L’hiver passé, quelque chose est arrivé et ma mère m’a emmené à l’hôpital. Les docteurs m’ont posé plein de questions, j’ai répondu à leurs questions avec toute honnêteté. Ils m’ont envoyé voir un psychologue pour quelques mois. Avec toute l’aide de la psychologue, de ma famille et de mes amis, tout va mieux. Je me sens mieux dans mon corps. J’ai encore quelques petites bosses ici et là mais je peux les combattre avec l’aide de mes amis et de ma famille. Si  vous êtes quelqu’un qui se coupe, veut se couper, suicidaire ou peu importe, arrêtez-vous. Essayez au moins. Je sais que ce n’est pas facile mais parlez-en à quelqu’un, un membre de votre famille, un ami, un docteur, etc... Ça va vous aider, je vous le promets. Si moi j’ai pu m’en sortir, vous aussi vous êtes capable. Il y a plein de trucs dans la vie qui pourraient vous aider. Allez voir les différents trucs qu’il y a, moi ça m’a aidé.