L’un des pires incendies de l’histoire du Canada !

Vicky Rochon du Centre l’Escale

Publié le 30 avril 2017

Le centre-ville

©TC Media - Archives

Le 26 avril 1900, la ville de Hull, actuellement un secteur de Gatineau, a connu le plus grand événement de son histoire. Un incendie a détruit près de la moitié de la ville et s’est étendu jusqu’à Ottawa jetant 14 000 Hullois dans la rue et causant des dommages évalués à 117 300 000 $ pour ces deux villes. Les rues, méconnaissables, étaient tapissées de tisons rouges vifs. Il ne restait que des décombres et quelques fondations. 7 morts ont été déclarés. L’enfer sur terre…

Vers 10h45, le feu se déclencha dans la demeure du 101, rue Chaudière de M. Napoléon Guimond. Sa femme, Malvina Forget, activa le poêle pour le repas sans savoir que sa cheminée était défectueuse. Une quinzaine de minutes passèrent avant que celle-ci prit feu et se propagea sur le toit. Poussée par un vent tourmenté, les flammes s’attaquèrent hâtivement à une grange et aux maisons voisines construites côte à côte à cette époque.

Les pompiers arrivèrent sur les lieux, mais l’incendie était devenu tellement puissant qu’il était impossible de s’y aventurer à moins de 30 mètres. Les pompiers d’Ottawa ainsi que ceux des usines vinrent les aider, mais sans succès étant donné qu’il y avait que deux pompes d’incendie contre un océan de brasier. Ceux-ci se sont retirés.

Vers 11h30, les rues Chaudière (Saint-Rédempteur), Wright, Wellington et Main (du Portage) étaient maintenant rasées par le feu. Les habitants se hâtèrent de sortir leurs biens précieux de leur maison et devaient les déplacer au fur et à mesure, car les flammes se déplaçaient rapidement.

 Vers 11h45, les tisons atteignirent les cours à bois des compagnies Eddy et la Hull Lumber en plus d’atteindre la rue Bridge (Eddy) pour embraser les 10 000 tonnes de papier de l’usine de pâte et papier. Par la suite, ce fut  au tour des 20 000 caisses d’allumettes de la Eddy Match d’être enflammé.

 Des milliers d’habitant se sont réfugiés à Ottawa croyant que l’incendie ne les atteindront pas, mais le vent tourmenté du nord-ouest projeta une pluie de braise qui déferla sur les piles de bois de la scierie Booth, se propagea ainsi sur tous les faubourgs environnants jusqu’à la Ferme expérimentale. L’incendie parcourait maintenant une distance de six kilomètres de Hull à Ottawa. Les pompiers de Montréal, de Brockville et de Peterborough arrivèrent.

 Vers 14 heures, des planches et des billots de bois enflammés naviguaient sur la rivière des Outaouais et propagèrent ses flammes sur les deux rives. Vers 16 heures, le vent  changea pour un vent du sud-est poussant ces mêmes tisons dans les cours des scieries Gilmour et Hughson. Une lutte difficile pour tous ces secouristes, car il avait trop de borne-fontaine laissées ouvertes causant une faible pression d’eau. Mais trois Hullois furent les héros du Grand Feu : François Bélanger, Paul Miron et Isaïe Trudel. Des employés municipaux qui n’ont jamais voulu abandonner leur rôle de maintenir la pression de l’eau de l’aqueduc toute la journée durant, malgré les flammes qui pouvaient s’attaquer à l’usine de pompage.

Peu après minuit, les Hullois réussirent à stabiliser le feu qui s’éteindra quelque temps plus tard .Douze heures de dur acharnement, tous sont épuisés. Il ne restait plus que des ruines fumantes et, pendant deux mois, les pompiers devaient garder un œil, puisque le feu pouvait reprendre à tout moment. 42 %  de la ville de Hull et 20 % d’Ottawa ne sont plus qu’un paysage noirci et brulé par les flammes, c’est-à-dire une superficie d’environ 12 km2..  Le tiers de la population de Hull chercha à se loger dans la basse-ville d’Ottawa tandis que le trois quart des incendiés restèrent à Hull. Heureusement, la reconstruction de nouveaux bâtiments se fit assez rapidement. L’électricité fut remise le 1er mai dans la ville d’Ottawa et le règlement qui interdisait la construction d’édifices en bois fut renforcé sévèrement.