Ma relation avec ma dyslexie

Publié le 6 février 2014
Étudiant Outaouais

Véronique Fortin
Centre l'Escale

Je m’appelle Véronique Fortin et j’ai 26 ans. J’ai arrêté d’aller à la polyvalente à l’âge de 16 ans pour me diriger vers le marché du travail. Je n’ai jamais aimé l’école. C’était trop complexe et je trouvais ça long et ennuyant.

Pour moi, la lecture est très compliquée. La compréhension n’est pas claire. Lorsque je dicte à haute voix, j’hésite beaucoup, j’essaie d’aller trop vite et je n’articule pas très bien. Quand j’étais plus jeune, je ne lisais pas beaucoup de livres en raison de ma difficulté. Sans compter que l’écriture est ma phobie, car je cherche dans ma tête les lettres pour rédiger ce mot qu’on me demande. Même à l’écoute, il est difficile de discerner les sons. Je les prononce tranquillement pour les différencier avant de les mettre par écrit. Quant aux mathématiques, je fais beaucoup de fautes d’inattention. J’inverse les nombres comme 79 et 97.

Ensuite, mes facteurs de réussite se sont développés plus tard, car avant il n’y avait pas de grands objectifs qui me poussaient à réussir. Ma motivation s’estompait quand mes parents me comparaient à ma sœur aînée. Par exemple, ils me disaient : «Pourquoi n’as-tu pas obtenu la note de 80% comme ta sœur? Toi, tu as seulement 55%.» Un échec de plus et l’estime de soi en prend un coup. Les mesures d’aide que j’utilise sont les méthodes que j’ai trouvées moi-même : s’emparer du dictionnaire, de la grammaire, du Bescherelle et d’Eurêka, un dictionnaire de sons. Mes parents ne m’épaulaient pas souvent pour les devoirs et les leçons à la maison. J’ai consulté des spécialistes, mais je n’ai pas reçu de diagnostic, car les listes d’attente étaient trop longues et le système pourri. Il y a eu aussi les orthopédagogues et les profs qui essayaient de m’aider régulièrement. Aujourd’hui, j’ai de nouveaux outils qui se nomment Antidote et WordQ 3. Ça me donne un coup de pouce pour l’orthographe d’usage et plus de temps pour corriger les fautes de grammaire. L’autre logiciel WordQ3 m’aide à me relire.

Pour conclure, je me verrais oeuvrer plus tard dans le domaine public et non derrière un bureau. Mais par-dessus tout, je veux obtenir mon D.E.S. : c’est une question d’accomplissement personnel. Je me verrais peut-être étudiante au cégep ou éducatrice à la commission scolaire.