Accommodements raisonnables: jusqu'où doit-on aller?

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Lisa Maria Paun du Collège Saint-Joseph de Hull

Étudiant Outaouais

«Ah! vous direz-vous. Un autre texte sur les accommodements raisonnables? Encore?» Ce à quoi je vous répondrai: «Oui, encore un texte sur cette épineuse question. Pourquoi? Parce que ce n’est pas réglé, voilà tout.» Et je pense que ce n’est pas en n’en parlant plus, par lassitude ou par délicatesse, qu’on règlera la question. Je vous mets cependant en garde : je ne suis ni raciste, ni contre les accommodements raisonnables. En autant que l’on s’entende sur ce qu’on veut dire par là…

 

Qu’est-ce qu’un accommodement raisonnable? C’est un droit exercé par les sociétés laïques pour accommoder les exigences des différentes minorités religieuses.

Un droit? Il me semble bien qu’un droit soit une règle établie et obligatoire devant être appliquée dans un cas donné. Jusque-là, je ne vois pas de problème…

 

Par contre, ça, c’est la théorie. Le vrai problème, c’est que c’est dans la pratique que les choses se gâchent. Entre la rigidité des mœurs de certains et l’exagération de certaines demandes, il faudra pourtant bien, un jour, arriver à trancher et adopter une ligne de conduite qui soit juste et équitable. Autant pour les Québécois, qui voient leur société changer par l’immigration, que pour les immigrants qui aspirent à vivre en harmonie avec leur communauté d’adoption, mais en respectant ce qu’ils sont fondamentalement.

 

Dans certains quartiers montréalais où des personnes d'origines très diverses se côtoient sans cesse, et où le taux d’immigration est à son maximum, un effort de bonne volonté est consenti pour résoudre les petites frictions inévitables de la vie dans une société multiculturelle. Dans ce sens, il s'agit seulement d'un accommodement suggéré par le bon jugement et un minimum d’ouverture, de part et d’autre. On ne sursaute plus quand on voit une jeune fille qui porte le foulard islamique dans certaines écoles, ou quand on constate le port du turban dans certains domaines de travail comme la Gendarmerie Royale du Canada (GRC). Dans le même sens, les crimes d’honneur sont interdits au Canada et les lois sont claires à ce chapitre. Tous doivent s’y plier, et aucun accommodement ne peut être raisonnable à ce sujet. Nul besoin de droits supplémentaires, alors, dans une société ouverte sur l’autre et où cet autre ne dépasse pas les bornes établies par le sens commun.

 

Or, certains n’ont aucun sens de l’égalité au multiculturalisme et ce n’est pas étonnant que l’on constate un chiffre alarmant de conflits nécessitant une harmonisation. Rebaptiser le « sapin de Noël » en «arbre de vie», porter un kirpan (un couteau, symbole religieux) à l’école ou avoir le visage complètement voilé, voilà autant de questions, complexes, qui suscitent encore des débats et sur lesquels il faut légiférer pour permettre une ligne de conduite raisonnable, dans le respect de tous.

 

Mais de là à dire que les Québécois sont menacés dans leur identité…Est-ce vraiment le cas? Bien entendu, certains adeptes religieux y vont parfois un peu fort avec leurs demandes et il y a parfois matière à s’inquiéter. Car après tout, pour accepter et respecter les autres, il faut se respecter soi-même et ne pas oublier qui l’on est. Et c’est précisément là qu’est le problème : si les Québécois acceptent que leur société change et devienne multiculturelle, il ne veulent pas pour autant le faire au détriment des traditions qui leur sont chères. Et si l’immigrant veut bien s’intégrer au Québec, il lui est important aussi de ne pas oublier qui il est et tout le bagage qu’il porte en lui. Cela nous ramène au fait qu’il faut, en tant que société démocratique, établir certaines limites. Le sujet est explosif, au point où plusieurs politiciens refusent de s’y attarder, de peur d’être traités de racistes. N’empêche, le débat est incontournable, surtout au Québec où le problème d’identité règne, notamment à cause de la situation minoritaire des Canadiens français au sein du Canada. Mais ça, c’est un autre débat…

Organisations: Gendarmerie Royale du Canada

Lieux géographiques: Ah, Canada, Québec

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  • Madeleine Blais
    26 mars 2012 - 10:56

    Grève etudiante. Je suis certaine que si ceux(celles) qui sont contre la grève sortaient dans la rue aujourd'hui, ils seraient aussi nombreux sinon plus que ceux(celles) qui sont pour. Les verts sont plus réalistes et sont plus concentré(es) sur la réussite de leurs études que de marcher dans la rue... Pour ce qui est du gouvernement, la meilleure façon de s'en occuper, c'est aux prochaines élections, c'est à ce moment là qu'il faut sortir et aller voter. Vous savez que le gouv. ne reviendre pas sur sa décision, pourquoi risquer de râter votre session et de perdre vos jobs d'été? C'est du temps et de l'argent perdus. Plus rien est gratuit aujourd'hui, sauf les vraies valeurs celles qu'on porte en soi, patience, force,courage etc......n'oublions pas qu'"on risque de tout perdre à vouloir tout gagner"...........