La face cachée du nucléaire

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Fériel Rahmani de l'École secondaire Grande-Rivière

Indéniablement, nous avons pris l’habitude de tourner un doigt accusateur vers le nucléaire. Cette science aux débuts houleux, rappelons-nous Hiroshima et Nagasaki, a souvent vu sa réputation assombrie par l’attrait du sensationnel auquel succombent parfois les médias.

Étudiant Outaouais

Bien que des erreurs aient souvent été soulignées à raison, n’avons-nous pas perdu de vue, en tant que citoyens mondiaux, les fondements mêmes de notre recours à l’atome? Une fois n’est pas coutume, la face cachée du système est celle que l’on aimerait connaître, celle qui nuancerait les avis et remplacerait la peur irrationnelle par un sens critique novateur.

En premier lieu, le monde entier fait face à un problème majeur de pollution de l’air, jumelé à un dilemme de consommation énergétique. Le fait est qu’il nous faut une source d’énergie sans émissions polluantes, facile d’accès et apte à soutenir l’important rythme de production actuel. C’est ici que l’énergie nucléaire entre en jeu. Si nous en croyons Guy Arnold, auteur du livre «Le point sur l’énergie nucléaire», selon lequel «un kilo d’uranium 235 peut donner autant d’énergie que trois millions de kilos de charbon», l’utilisation du nucléaire règlerait le problème énergétique tout en éliminant les rejets de gaz à effet de serre accompagnant les énergies fossiles. De plus, une centrale nucléaire n’évacue que de la vapeur d’eau par ses tours de refroidissement et, selon l’auteure Michèle Fremy, les résidus de combustible radioactif ne représentent que quelques mètres cubes par an pour un réacteur de 1000 mégawatt (MW), ce qui est peu par rapport à l’énergie fournie.

En deuxième lieu, il est souvent omis de spécifier que la science nucléaire peut sauver des vies et qu’elle présente de grandes possibilités d’avenir dans le domaine de la médecine. En effet, nous devons aux radio-isotopes médicaux des procédures médicales innovatrices et salvatrices qui permettent de diagnostiquer et de traiter plusieurs maladies sans avoir recours à la chirurgie. Par exemple, ces radio-isotopes peuvent être liés à un médicament et ainsi agir à titre de traceurs dans le corps du patient. Il est alors possible d’observer plus efficacement l’efficacité du traitement en question ou de localiser avec précision la source des maux. Pareillement, comme nous l’indique l’Association nucléaire canadienne, les isotopes utilisés en médecine nucléaire permettent de traiter certaines maladies par leurs radiations, le principe même de la radiothérapie, et mènent à des traitements novateurs ciblés contre différents types de cancer, notamment le cancer du foie ou du cerveau.

Somme toute, la face cachée du nucléaire présente des possibilités prometteuses et n’attend plus qu’une stricte éthique et de nouvelles percées technologiques pour s’épanouir davantage. Ainsi, pourrons-nous continuer à nous servir de l’infiniment petit, et aspirer à l’infiniment grand.

Organisations: Association nucléaire canadienne

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