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Elena Chudzia-Conde du Collège St-Joseph de Hull

Dernièrement, plusieurs médias ont fait leurs choux gras de cas de maltraitance de personnes âgées. Suite à ces désolantes nouvelles, mon sang n’a fait qu’un tour. Je me suis dit qu’il était de mon devoir de dénoncer un état de fait qui s’avère, à plus d’un égard, une honte pour une société dite «avancée» comme la nôtre.

Le nombre d’histoires d’horreur impliquant des personnes âgées maltraitées ou décédées dans l’indifférence la plus totale me laisse pantoise. Les centres d’accueil sont devenus de véritables mouroirs où les aînés sont trop souvent abandonnés à leur triste sort par leur famille, sans compter que leurs besoins de base ne sont, hélas, pas toujours comblés par les membres du personnel, dont certains se sont de toute évidence trompés de vocation.

Hors de ces endroits, le portrait n’est pas plus rose. Nous n’avons qu’à nous rappeler le cas de cette dame âgée qui, en pleine nuit hivernale, prise de confusion, est sortie de chez elle sans trop savoir où elle allait pour s’effondrer comme une pauvre poupée de chiffon dans l’indifférence la plus totale. Pourtant, témoins il y avait. Des voisins ont entendu des gémissements, mais ont préféré les ignorer. Qu’est-ce qu’une mort de plus ou de moins?

Malheureusement, le traitement réservé aux personnes âgées en dit long sur nos mœurs individuelles et collectives. On peut en effet se demander comment tous ces ainés qui ont bâti notre monde et nos institutions sociales, qui nous ont pavé la voie, peuvent finir leurs jours sans le moindre respect de la part d’une société qui a pourtant largement profité de leur dur labeur et de leur contribution dans bien des domaines.

Aussi, l’indifférence à l’égard des personnes âgées, ne témoigne-t-elle pas de notre incapacité à accepter qu’un jour nous serons vieux nous-mêmes ? Car ne nous méprenons pas. La vieillesse, qui est considérée par plus d’un comme un fléau, est partie intégrante de notre condition d’humain. Une société qui ne glorifie que l’éternelle jeunesse et la beauté ne passe-t-elle pas à côté de ce qui représente l’essence même de l’être humain ? Nous ne pouvons pas nous permettre d’occulter cette étape de notre vie, ni la mort qui en est sa finalité, sans nous renier nous-mêmes. Il ne faut pas laisser l’individualisme ambiant régner en roi et maître dans nos sociétés au détriment de ce qui élève l’âme, comme le fait de s’occuper des plus vulnérables d’entre nous. De plus, quelle meilleure récompense que l’étincelle qui s’allume dans les yeux d’une personne âgée à qui l’on tend la main?

Organisations: St-Joseph de Hull

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