Caroline Touzin, 29 ans, journaliste à La Presse depuis sept ans

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Camille Touzin du Collège Nouvelles Frontières

Caroline Touzin est passionnée par la profession de journaliste depuis son tout jeune âge. Elle exerce ce métier à La Presse depuis l’âge de 22 ans!

Quand avez-vous songé la première fois à ce métier?

Je rêve de devenir journaliste depuis mon enfance. J’écoutais la série Lance et Compte à la télévision et je m’identifiais au personnage de la journaliste sportive, Linda Hébert. J’ai toujours aimé lire et écrire. Je suis très curieuse. J’adore voyager et rencontrer des gens qui ont des histoires à raconter. Le métier de journaliste était donc parfait pour moi.

Est-ce que vous croyez que ce métier a su changer votre vie?

Je ne sais pas si un métier change une vie, mais il est certain qu’il y occupe une grande place. Ce n’est pas un travail de 9 à 5. Parfois, je m’endors et je pense à mes sujets de reportage. Ce métier m’habite vraiment. Je ne me vois pas faire autre chose.

Quelle est la cause que vous avez couverte qui vous a le plus marquée?

Comme journaliste judiciaire, je couvre souvent des causes très sombres et très tristes. Il y en a quelques-unes que je n’oublierai jamais, dont celle de Cathie Gauthier, une mère de famille trouvée coupable d’avoir tué ses trois enfants. Le procès se déroulait à Chicoutimi. Chaque jour, des détails horribles étaient révélés. Habituellement, je rentre chez moi, le soir, et je me change les idées avec mon copain ou mes amis. Mais, comme j’étais très loin de chez moi, je ne pouvais pas le faire. Cette cause était très prenante.

Considérez-vous que la profession de journaliste est exigeante? Pourquoi?

C’est un métier très exigeant, en effet. On n’a pas le droit à l’erreur. Ce qu’on publie dans le journal chaque jour doit être rigoureusement vrai. On ne peut pas tourner les coins ronds et inventer des choses. Il faut aussi écrire des articles équilibrés, soit avec les différents points de vue des acteurs impliqués. On ne peut pas se permettre de donner notre opinion puisque notre crédibilité serait entachée.

Selon vous, quelles qualités sont nécessaires lorsqu'on veut exercer ce métier?

Comme je vous disais, il faut être juste et rigoureux. Il faut également avoir une excellente tolérance au stress. Lorsqu’un événement important survient juste avant l’heure de tombée, on doit pondre un texte rapidement. Lorsque j’ai couvert les Jeux olympiques de Vancouver, en raison du décalage horaire avec Montréal, j’avais parfois seulement 15 minutes pour écrire un texte sur les résultats d’une compétition. Si j’avais rendu mon article en retard, le journal ne l’aurait pas publié. Les lecteurs n’auraient donc pas eu les résultats de la compétition !

Quel aspect de votre métier préférez-vous?

Ce que je préfère, c’est de faire réfléchir les gens en publiant des histoires d’intérêt public. Des histoires qui peuvent parfois les indigner ou les émouvoir. Je sais que j’ai atteint mon but lorsque je reçois des courriels de lecteurs après la publication d’un article.

Est-ce qu'il y a quelque chose dans votre métier qui vous déplaît?

Les heures de tombée. On ne s’y habitue jamais. On aimerait toujours avoir plus de temps pour finir un article.

Tout au long de votre carrière, vous avez fait plusieurs entrevues. Laquelle avez-vous préférée?

C’est une question difficile. Je n’oublierai jamais les entrevues que j’ai faites en Haïti dans les jours suivant le séisme meurtrier en Haïti en janvier 2010. Les Haïtiens que j’ai rencontrés étaient très dignes dans le malheur. Ils se sont vite relevé les manches. Ils ont réussi à survivre dans des conditions inimaginables pour la majorité des Nord-Américains. Bref, ces gens m’ont beaucoup touchée.

Si vous n'étiez pas journaliste aujourd'hui, quel emploi auriez-vous occupé? Pourquoi?

Je pense que je serais avocate. J’ai toujours voulu défendre la veuve et l’orphelin.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaiteraient découvrir le métier de journaliste?

Je leur conseille de plonger. Créez un journal étudiant et publiez vos premiers textes. Faites vos premières entrevues. Ce n’est pas grave si ce n’est pas parfait. L’important, c’est d’essayer.

Organisations: La Presse, Lance

Lieux géographiques: Chicoutimi, Haïti, Jeux olympiques de Vancouver Montréal

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