Quatre semaines dans la peau d'une personne paraplégique

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Pascale Laveault-Allard de l'École secondaire de l'Île

Jonathan Faubert, un élève de cinquième secondaire à l’école secondaire de l’Île, s'est déplacé en fauteuil roulant pendant un mois l'automne dernier. Non, il ne s’était pas blessé, il vivait une expérience enrichissante à travers son projet personnel. Dans cette entrevue, il nous raconte son aventure dans le monde incompris des personnes qui doivent se déplacer en fauteuil roulant, dans une école où il n’y a même pas d’ascenseur.

Jonathan Faubert, un élève de cinquième secondaire à l’école secondaire de l’Île, s'est déplacé en fauteuil roulant pendant un mois l'automne dernier. Non, il ne s’était pas blessé, il vivait une expérience enrichissante à travers son projet personnel.

Jonathan, en quoi consiste ton projet exactement?

J’ai décidé de vivre la vie d’un paraplégique pour un mois. Je vais me déplacer en chaise roulante dans l’école à tous les jours. Les horaires adaptés de la STO sont restreints et ma maison n’est pas ajustée pour les chaises roulantes, alors je le fais seulement à l’école. L’idée m’est venue du père de mon ami, qui est en chaise roulante. En discutant avec lui, je me suis rendu compte à quel point c’est dur de vivre avec ce handicap. Pour comprendre cette réalité, j’ai décidé de vivre l’expérience et de découvrir les difficultés que ça implique au quotidien.

Avant que ton projet ne commence, quels ont été les préparatifs nécessaires?

J’ai débuté en lisant des livres sur le sujet, j’ai parlé avec ma grand-mère, qui est infirmière, puis j’ai trouvé un commerce qui a accepté de me prêter un fauteuil roulant.

Quel a été ton plus gros défi à surmonter?

Au tout début, je croyais avoir accès à l’ascenseur de l’école, mais peu après, la direction m’a dit que je ne pourrais pas l’utiliser car il s’agissait en fait d’un monte-charge et qu’il n’était pas adapté pour accueillir des personnes. Je devais prendre les escaliers. Si je l’avais su avant de planifier mon projet, je ne sais pas si je l’aurais fait, je ne sais pas si j’aurais changé mon projet personnel. J’ai trouvé cette décision illogique, car l’école ne pourrait pas accueillir un «vrai» élève en fauteuil roulant.

Après trois semaines en fauteuil roulant, quelles difficultés as-tu rencontrées?

Passer dans les cadres de portes, me «stationner» à mon pupitre et devoir monter les escaliers avec mon fauteuil sont de grandes difficultés. Les locaux de sciences sont mal adaptés, les tabourets sont hauts, je ne vois pas au tableau. C’est simple, mais le fait de rester assis me fruste, je me sens prisonnier et je ne peux pas dépenser mon énergie.

Quelles sont tes recommandations pour l'école? Je veux rencontrer la direction pour savoir comment elle réagirait s’il y avait vraiment un élève handicapé à l’école. Je proposerais d’ajouter une rampe d’accès à l’avant de l’école, ou bien de mettre une enseigne qui indiquerait l’accès pour ceux qui ne connaissent pas l’école. Et bien sûr, il faut modifier le monte-charge pour qu’il puisse accueillir des gens. Qu'est-ce qui a changé dans ta façon de voir les personnes vivant avec un handicap?

Avant, je ne portais pas vraiment attention à elles. Maintenant, j’ai énormément de respect à l’égard de ces personnes. Je ferais faire cette expérience à tous ceux qui manquent de respect envers les personnes handicapées et ils en tireraient une bonne leçon de vie. Après avoir vécu ça, il est impossible de les ignorer encore.

Comment réagirais-tu si tu perdais définitivement l’usage de tes jambes?

Je serais découragé, maintenant que je sais que ça implique de changer complètement mon mode de vie... Oui, je serais vraiment découragé. Je veux tellement faire attention à mes jambes, j’ai même développé une certaine peur de devenir paraplégique!

Qu’est-ce que cette expérience va t'apporter lorsque tu reprendras ta vie normale?

Je vais profiter de mes jambes, leur faire attention, j’ai réalisé que c’est précieux, je suis quelqu’un qui bouge tout le temps, alors je vais en profiter. J’apprécie pleinement mes jambes, je veux les protéger, je réalise toute la chance que j’ai.

Organisations: STO

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