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Étienne Destroismaisons de l'École J.-M.-Robert

Le mythe parfait après le 11 septembre: un musulman qui ne sait pas s'intégrer, qui s'engage dans des gangs de rue et qui fait du trouble. Notre société et les médias trop craintifs et fermés à la différence cernent trop rapidement les Musulmans et leur donnent des allures monstrueuses. Pourquoi cette situation est-elle ainsi?

Le Québécois d’origine sénégalaise, Papa Oumar Badji, en compagnie du journaliste Étienne Destroismaisons.

J'avance l'hypothèse que la mauvaise presse faite aux Musulmans contribue beaucoup a cette pensée xénophobe et trop générale. Le Québec ainsi que le monde entier portent cette même pensée en son ventre depuis longtemps, car le gouvernement nous contrôle tel un marionnettiste. Dans les faits, cela n'est pas toujours véridique et voici un exemple qui, j'espère, vous fera réfléchir. Notre région a la chance de connaître Papa Oumar Badji, un Sénégalais musulman, qui, à lui seul, détruit tous les mythes xénophobes qui pèsent sur les personnes d’origine arabe. Lors d'une rencontre, cet homme au sourire éclatant de joie m'a expliqué toutes les motivations qui l'ont poussé à émigrer de son coin de pays.

«Ma famille est une de mes motivations primordiales. Je me suis aussi installé ici afin de faire des expériences différentes de celles que j'ai vécues au Sénégal. Avoir une expérience de voyage m'a beaucoup motivé. Ce qui m'a attiré dans la région de la Petite-Nation, c'est qu'il y a beaucoup d'eau, une belle nature et des gens sympathiques!»

Papa Oumar a eu une très bonne impression de notre région. Il a raconté également que les différences entre le Sénégal et le Québec sont énormes. Selon lui, le plan social est une des grandes différences entre les deux pays, notamment en ce qui concerne la disparité entre les riches et les pauvres, la condition de la femme, le régime politique. Passe ensuite la communauté et la famille. Au Sénégal, les oncles, les tantes ainsi que les grands-parents vivent tous ensemble. L'esprit de partage et l'entraide sont très présents.

Ce grand homme a réussi a s'intégrer grâce à la musique ainsi qu'à ses relations humaines qu'il s’est tissées au fil de ses rencontres à travers différents projets: «J'ai participé à beaucoup de projets, mais j'ai aussi des projets préférés comme accueillir des nouveaux arrivants, j'ai fait un projet sur la politique familiale, sur la régionalisation de l'immigration et j'ai aussi fait le projet du marché public de la municipalité de Ripon», a t-il expliqué avec son sourire si contagieux. Avec une grande reconnaissance, il a énuméré ceux qui l’avaient aidé à s'intégrer dans notre belle région comme Brian Fisher, François Lorenzetti, Marguerite Lepage, Kathie Deschambault ou Ginette Benoit. Puis, il a expliqué que sa religion ne lui nuisait pas dans son travail, car selon lui la religion n'est pas un obstacle. Il a donné son avis sur les Musulmans intégristes qui font des actions violentes.

« Je crois que ces gens ont une mauvaise interprétation du Coran et ont mal compris ses principes. Malgré tout, ces gens agissent comme des humains. » Cet homme grandiose a tout de suite donné son avis sur le port des voiles dans les écoles québécoises. Selon lui, c’est une bonne chose, car la différence ajoute à la diversité humaine. Cette grande personne a ensuite expliqué que sa religion ne lui nuisait pas dans son travail, car l'islam est une religion facile à pratiquer. L'homme à la si grande bonté a expliqué que pratiquer sa religion n'était pas difficile, car la religion n'est jamais un obstacle. Je lui ai demandé, par humour, s’il pratiquait le patin et il m'a expliqué en riant qu'il se «cassait la gueule» tout le temps et qu'il a arrêté. Après avoir allégé un peu l'entrevue en faisant quelques blagues, M. Badji a ensuite parlé de son ennui pour son pays natal. « Je m’ennuie beaucoup du Sénégal, car ma famille, mes origines se retrouvent là. »

Pour finir, il donne un seul, mais très clair conseil aux nouveaux arrivants: s’intégrer. En conclusion, je pense que notre société a trop peur de la différence et de la diversité et qu’on devrait l’accepter plutôt que de la fuir. Même si cela peut engendrer quelques problèmes, les conséquences positives seront nombreuses et la société ne s’en portera que mieux. Cette rencontre avec un homme si généreux m'a fait aimer la religion islamiste et m'a fait comprendre que même si on a une couleur de peau différente, l'humain en nous ne change pas. Le stéréotype du musulman qui ne sait pas s'intégrer a été effacé de ma vision des choses. J'espère sincèrement que cet article aura le même effet pour vous.

Lieux géographiques: Sénégal, Québec, Région de la Petite-Nation Municipalité de Ripon

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