Fiat 500 Abarth

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Rouler à contre-sens

Daniel Rufiange

En introduisant la Fiat 500 l’an dernier, Chrysler tirait profit de son deuxième grand mariage en moins de 12 ans, celui liant désormais sa destinée avec celle de son sauveteur, Fiat. Cette alliance, toutefois, est prometteuse, car elle permet aux deux entités d’en sortir gagnantes. Disons que la situation était différente avec Daimler.

Qui a été le premier à en profiter ? Les deux. La Fiat 500 a permis à Chrysler d’offrir illico un véhicule dans le très convoité segment des sous-compactes alors que l’arrivée de cette même voiture a signifié le grand retour du constructeur italien en sol nord-américain, une première en 28 ans.

En prime, la Fiat 500 est, qu’on le veuille ou non, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, une voiture singulière et porteuse de caractère. Ça, c’est toujours gagnant.

Une première année satisfaisante

Les bonzes de Chrysler demeurent muets comme des carpes lorsqu’on leur pose la question, mais on estime que le constructeur espérait écouler entre trois et quatre milles Fiat 500 l’an dernier. En fin de compte, ils ont convaincu quelque 5300 acheteurs. Même que la version décoiffée, apparue quelques mois après le lancement de la conduite intérieure, s’est avérée fort populaire. En fait, en raison de sa configuration unique, on en vend même en hiver !

Bref, sans se pavaner, on est fier des résultats chez Chrysler.

Et voilà qu’une troisième version voit le jour ; l’Abarth

Un nom mythique

Abarth, c’est le nom de famille de Karl, un Autrichien d’origine, né en 1908, qui s’est expatrié en Italie au milieu de sa vingtaine. Ce dernier a piloté des motocyclettes et des voitures avant de passer à la conception même de bolides de course. Somme toute, c’est de l’huile qui circulait dans ses veines. En 1949, il fonde sa propre entreprise qui se spécialise dans la fabrication d’échappements haute performance. Abarth devient un nom reconnu. Tellement que lorsqu’il décide de vendre son entreprise, en 1971, c’est Fiat qui en fait l’acquisition.

Voilà pour le lien qui unit les deux noms aujourd’hui.

Vous le devinez si vous ne l’aviez pas déjà fait, la version Abarth de la Fiat 500 est axée sur la performance.

Du chien

Comment transforme-t-on une voiture carrément anémique en petite enragée capable de manger de l’asphalte pour déjeuner ? On lui greffe un moteur turbo doté de la technologie MultiAir, une signature maison qui a pour effet de maximiser l’entrée d’air sans pour autant avoir recours à un énorme turbo. Une question d’efficacité, mais aussi de coûts, nous a-t-on avoué.

Bon, si on écarte les considérations scientifiques, ça donne une voiture au comportement qui a du chien, car lorsqu’on enfonce l’accélérateur, on a droit à une puissance de 160 chevaux et à un couple de 170 livres-pieds. Une telle puissance cachée sous le capot d’une puce, ça ne peut que dynamiser son comportement. En conséquence on a droit à des accélérations franches qui collent le sourire aux lèvres. Ne le dites pas aux propriétaires de Fiat 500, mais enfin, la petite Italienne se démène.

Pour accompagner cet excès musculaire, la suspension a été à la fois baissée et complètement revue afin d’offrir une tenue de route digne de ce nom. La géométrie a été repensée, une barre stabilisatrice a été ajoutée à l’arrière, enfin, on y a mis le paquet afin qu’elle colle à la route. Les roues proposées de séries font 16 pouces de diamètre alors que des jantes de 17 pouces sont offertes moyennant un échange de billets verts.

Outre cela, on reconnaît la Fiat 500 Abarth à son becquet arrière surdimensionné, à son échappement double, à son bouclier distinct à l’avant (question d’améliorer la respiration du moteur), et à ses contrastes de couleurs, qu’on parle des rétroviseurs détonnant ou de cette bande contrastante qui décore toutes les Abarth.

À l’intérieur, on gâte les amateurs de fioritures alors qu’un indicateur de la pression du turbo est ajouté à l’instrumentation, que le volant montre un côté plat, que des pédales d’aluminium accueillent nos pieds et que le pommeau du levier de vitesses est recouvert de cuir.

Un avertissement, de taille. Le constructeur parle en termes élogieux des sièges sport dont est équipée cette version de la Fiat. Oubliez ça ; on dirait des sièges de vieille Lincoln ; confortables, mais sans soutien.

Verdict

L’enveloppe, tant extérieure qu’intérieure, est somme toute réussie. On peut dire la même chose de l’expérience au volant. On s’entend, cette Abarth n’est pas la huitième merveille du monde, mais toute personne qui est un tantinet passionnée de conduite passera un bon moment à diriger cette Italienne. Nous avons eu l’occasion de mettre la voiture à l’essai sur route ET sur piste. Dans les deux cas, elle a bien répondu à l’appel.

L’irritant principal vient de la boîte de vitesses manuelle, la seule offerte. Elle ne compte que cinq rapports, mal étagés, soit dit en passant, alors qu’on passe notre temps à en chercher un sixième, spécialement sur l’autoroute où le grondement du moteur finit par nous agacer. Si seulement l’insonorité pouvait atténuer ses larmoiements…

Heureusement, on retrouve le sourire à basse vitesse alors que la sonorité de l’échappement, travaillée pour éveiller nos sens, plaît à l’ouïe.

Pour résumer simplement, Cette Fiat 500 Abarth s’avère plaisante à conduire. Elle propose une direction précise, un freinage efficace et une tenue de cap qui étonne. Fiat, qui souhaite offrir avec cette voiture une concurrente sérieuse à la MINI Cooper S, vient d’accoucher d’un produit intéressant qui saura en séduire certains.

Cependant, soyons clairs, la conduite d’une MINI demeure plus intéressante. Là où cette Fiat gagne des points, c’est au niveau du prix et au niveau de la fiabilité ; elle est quelque 5000 $ moins chère que sa rivale et il est clair qu’elle ne peut coûter plus chère à entretenir que sa compétitrice allemande. 

 

Conclusion

Intéressante, cette Abarth. Cependant, elle ne détient pas tous les outils nécessaires pour effrayer la MINI. À notre avis, on s’adresse encore à deux acheteurs différents. 

Les premières Fiat 500 portant la marque du scorpion sont attendues au début du printemps et c’est au prix de 23 995 $ qu’elles seront offertes.

Au fait, pourquoi un scorpion ? Parce que c’est sous ce signe astrologique qu’est né et, ironiquement, est décédé Carlo Abarth.

Forces

-    Allure agressive

-    Sonorité

-    Conduite amusante

-    Performances intéressantes

Faiblesses

-    Boîte manuelle capricieuse

-    Sièges offrant peu de soutien

-    Position de conduite trop élevée

-    Bruits de vents

Fiche technique

Modèle : Fiat 500 Abarth 2012

Prix : 23 995 $

Moteurs : 4 cyl, 1,4 litre, turbo MultiAir à deux refroidisseurs intermédiaires.

Puissance/couple : 160 ch / 170 lb-pi

Transmission : manuelle à 5 rapports

Pneus (av/ar) : P195/45R16

Consommation annoncée (ville/route, litres aux 100 km) : 7,1 l / 5,7 l

 

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